Le podcast technologique populaire Uncanny Valley, animé par Michael Calore et Lauren Goode, entre dans une nouvelle ère. À la fin de l’année, les deux hommes annoncent leur départ de leurs fonctions habituelles d’hébergement, laissant les rênes à leurs collègues Brian Barrett, Zoë Schiffer et Leah Feiger. Mais ce n’est pas une annulation ; il s’agit plutôt d’un changement visant à continuer de fournir l’analyse pointue de WIRED sur la dynamique du pouvoir et les tendances émergentes de la Silicon Valley.

Le dernier épisode avec Calore et Goode présente leur segment signature « WIRED and TIRED », une rubrique ludique mais perspicace pour identifier les forces en voie de disparition et montantes dans le monde de la technologie. Il s’agit bien plus que de simples plaisanteries ludiques : c’est un signal de la rapidité avec laquelle le paysage technologique évolue et de l’importance pour les initiés et les observateurs de l’industrie de garder une longueur d’avance sur ces cycles.

L’essor de l’IA ambiante, la chute des assistants vocaux

Calore soutient que les assistants IA à commande vocale (montres, bagues, lunettes intelligentes) deviennent fatigués, tandis que l’IA véritablement ambiante – des systèmes qui réagissent de manière transparente à la présence sans commandes explicites – est l’avenir. Ce n’est pas seulement une question de commodité ; c’est un compromis en matière de confidentialité. Si les appareils anticipent les besoins avant d’être sollicités, ils nécessitent une surveillance constante, soulevant de sérieuses questions sur la sécurité des données et l’autonomie individuelle. Le mystérieux projet d’OpenAI avec Jony Ive et le recrutement agressif de designers Apple par Meta suggèrent que cette transition est déjà en cours, ce qui rend les problèmes de confidentialité encore plus pressants.

Introductions en bourse à l’horizon : liquidité et transparence

Lauren Goode prédit une augmentation des introductions en bourse de grandes entreprises technologiques comme Stripe, OpenAI, Anthropic et SpaceX en 2026. Cet événement potentiel de liquidité pourrait remodeler le secteur, inondant le marché de nouveaux capitaux et potentiellement gonflant les valorisations. Le changement clé ici est la transparence : une fois cotées en bourse, ces entreprises seront soumises à un examen financier trimestriel, les obligeant à prouver leur durabilité au-delà du battage médiatique du capital-risque. Cette responsabilisation accrue pourrait changer la donne dans le fonctionnement des entreprises technologiques.

Le mythe des sauveurs des PDG de la technologie

Goode démantèle également la notion selon laquelle les PDG du secteur technologique sont des dirigeants bienveillants. Elle souligne que leur objectif premier est la croissance, même si cela implique de contourner les réglementations ou d’exploiter les failles. Il s’agit d’un rappel essentiel que l’innovation technologique est motivée par le profit et non par l’altruisme, et qu’une confiance aveugle dans le leadership est déplacée.

Regard vers l’avenir : nouvelles voix, orientation inchangée

La transition vers de nouveaux hôtes – Brian Barrett, Zoë Schiffer et Leah Feiger – promet de maintenir l’avantage critique de Uncanny Valley. Schiffer, auteur de Extremely Hardcore (un livre sur le rachat de Twitter par Elon Musk), apporte une compréhension directe du leadership chaotique et de la prise de décision rapide. Au fur et à mesure que le podcast évoluera, il continuera à analyser les structures de pouvoir et les dilemmes éthiques qui façonnent la Silicon Valley, garantissant que la conversation reste aussi brutale et honnête que jamais.

Le changement d’hôte ne signale pas un changement de direction. Uncanny Valley restera une plate-forme de reporting rigoureux, de contestation des récits de l’industrie et de responsabilisation des géants de la technologie. L’avenir du podcast est assuré, même si ses voix fondatrices évoluent.