Vous n’avez pas besoin d’un diplôme en histoire pour connaître HBC. Il vous suffit de passer devant l’un de leurs drapeaux rouge et blanc. Mais la réalité derrière le logo du commerce de détail est bien plus complexe que le simple commerce de détail. La Compagnie de la Baie d’Hudson n’est pas qu’un simple magasin. C’est une institution qui a littéralement façonné la carte du Canada.
Constituée en Angleterre le 2 mai 1670, la CBH n’a pas été créée par des commerçants à la recherche de circulation piétonnière. Il s’agissait d’une entreprise aux ambitions impériales. Le but ? Pour trouver le passage du Nord-Ouest vers le Pacifique. Pour revendiquer des terres autour de la baie d’Hudson. Et profiter du commerce. La couronne leur a tout donné. Ils l’appelaient la Terre de Rupert.
Une géographie du pouvoir
Il est difficile de comprendre l’ampleur de ce qui leur a été remis. La Terre de Rupert s’étend du Labrador à l’est jusqu’aux montagnes Rocheuses à l’ouest. Il s’étendait du cours supérieur de la rivière Rouge, à la frontière sud du Canada, jusqu’à Chesterfield Inlet, dans la baie d’Hudson. C’est un énorme morceau de territoire.
Pendant des décennies, l’entreprise a fonctionné comme une agence de collecte et de commercialisation de fourrures. Ils construisirent des postes de traite autour de la baie. Ils dominaient le commerce. Mais la domination reste rarement longtemps incontestée.
La guerre pour l’Occident
En 1783, le monopole était en train de craquer. Les concurrents formèrent la Compagnie du Nord-Ouest. La rivalité entre la CBH et la North West Co. n’était pas seulement commerciale. C’était un conflit armé. Des heurts ont éclaté. C’était une époque brutale de guerre d’entreprise.
Les combats ne s’arrêteront qu’en 1821, lorsque les deux géants fusionneront finalement. La CBH est issue de cette fusion avec des droits exclusifs sur le commerce des fourrures. Ils ont détenu ce pouvoir pendant encore 37 ans.
Puis le gouvernement a débranché.
La fin d’une époque
En 1858, le monopole n’est pas renouvelé. Les entreprises indépendantes affluèrent dans le commerce des fourrures. Les règles du jeu ont été uniformisées. Mais la CBH n’a pas fait faillite. Ils ont pivoté.
Le prochain changement massif eut lieu en 1870. L’entreprise vendit la Terre de Rupert au gouvernement canadien. Le prix ? 300 000 £. Mais il y avait un piège. La CBH a conservé les droits miniers sur les terres autour de ses postes et a sécurisé une partie fertile de l’ouest du Canada. Ils ont échangé de vastes étendues sauvages contre des biens spécifiques et précieux.
Des fourrures aux chaussures
La CBH est restée un acteur majeur dans le secteur des fourrures jusqu’en 1991. Elle détenait d’importants intérêts immobiliers. Ils possédaient de nombreux grands magasins. Le commerce des fourrures n’est plus qu’un élément d’un système corporatif beaucoup plus vaste.
Aujourd’hui, HBC est une chaîne de grands magasins. Le passage du Nord-Ouest est une note historique. Les affrontements armés sont enfouis sous les archives. Mais le drapeau rouge flotte toujours. C’est un rappel de la quantité d’argent que l’on gagne grâce à la terre. Et à quelle vitesse cet argent change de forme.
La question n’est pas de savoir si la CBH existe toujours. Il s’agit de savoir si nous nous souvenons de ce qu’il a réellement construit. Ou ce qu’il a vendu.



















